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À vélo à travers l’Europe : impressions de course

Stéphane, 32 ans, nous raconte sa Transcontinentale, course cycliste longue distance sans aucune assistance qui traverse plusieurs pays européens. Et qu’il a terminée à la 10e place. La dernière édition, l’été dernier, a rassemblé 264 cyclistes amateurs, de Burgas (Bulgarie) à Brest, et a vu la victoire de l’Allemande Fiona Kolbinger, l’une des 40 concurrentes.
Entretien.

 

D’où vient ta passion pour le vélo ?

Je suis coursier à vélo à Paris. J’ai toujours été plus ou moins accompagné d’un vélo. Je ne sais pas si je peux vraiment dire que c’est une passion. Je me fais plaisir, mais je suis loin d’être le fan inconditionnel des grands tours, des équipes pro et de leurs histoire, du « matos » dernier cri ou de l’aspect vintage … Je suis juste un simple type qui a une monture, plusieurs en fait, qui me permettent de vivre et de me faire plaisir.

Comment t’es-tu lancé dans cette compétition ?

La Transcontinental Race (TCR) est une course d’environ 4 000 km qui traverse l’Europe. Elle s’effectue en autonomie : pas de voiture qui nous tend des bidons de ravitaillement ; pas de masseurs en fin de journée. C’est comme un voyage à vélo par ses propres moyens et le plus rapidement possible !
Cette course m’a fait envie, parce que je voulais voyager à vélo et aller le plus loin possible. Un ami y avait participé et, suivant son aventure, j’ai fini par y succomber et y participer 5 années d’affilée.

Transcontinentale Stéphane

Quel équipement avais-tu ?

J’ai fait la TCR avec différents vélos : route, gravel (*) et même à pignon fixe, avec casque, lumière etc. Et pour les bagages, ça varie, mais j’ai toujours au moins un sac de couchage, une veste et un legging hiver pour les nuits froides, une veste de pluie et des chaussettes étanches parce que j’ai horreur d’avoir les pieds mouillés dans mes chaussures !

Dans quel pays était-il le plus agréable de rouler, en sécurité ?

Incontestablement la Suisse ! De vraies pistes cyclables sur de longues distances, très souvent bien séparées de la circulation. Des conducteurs aux attitudes prudentes vis-a-vis des cyclistes quand il n’y a pas de piste cyclable… Parfois trop prudent, même. Une fois, j’ai été obligé de faire comprendre à la conductrice qui n’osait pas me doubler alors qu’elle pouvait le faire, qu’il fallait qu’elle me dépasse !

A l’inverse, t’es-tu parfois senti en en danger ?

Malheureusement, c’est dans la campagne française que je me sens le moins en sécurité… On peut être fier d’avoir l’un des réseaux routiers les plus développés en Europe, mais l’état des routes est déplorable, et l’attitude des conducteurs, c’est le grand n’importe quoi !
Il n’y a pas de place pour les vélos et ils vous le font comprendre très vite. Lorsque vous empruntez un axe un peu rapide, on vous frôle à 80 km/h ou plus, pour vous pousser à sortir rapidement.

Même sur les petites routes ?

Quand vous prenez les réseaux routiers alternatifs, une petite route de campagne, on vous frôle toujours à la même vitesse parce que vous êtes apparu brusquement dans un angle mort ! Ou parce qu’un conducteur veut impressionner sa copine en poussant sa Twingo comme s’il faisait la course avec Vin Diesel dans un énième opus de Fast and Furious !
Une grosse cylindrée qui remonte une file de voiture ralentie par un tracteur et qui manque de vous jeter sur le bas-côté…, des incivilités de ce genre, j’en ai tellement vu que c’en est presque devenu la norme pour moi.

As-tu remarqué de grosses différences dans les pratiques locales selon les pays ?

Le code de la route est quasiment identique partout en Europe. Je n’ai pas le souvenir d’avoir vu une signalétique spéciale dans un pays en particulier. Par contre, les attitudes des conducteurs sont très différentes.
– Dans les pays « bike friendly », j’ai trouvé les conducteurs très agressifs vis-à-vis des vélos !
Si vous avez le malheur de rater une piste cyclable, et ça peut arriver quand on est dans un endroit que l’on ne connaît pas, les voitures vous klaxonnent tout de suite pour vous le faire savoir. Avec, pour les plus agressifs, un petit dépassement pied au plancher à 50 cm de vous.
– Dans les autres, plutôt à l’est, l’attitude est plus cool. Peut être parce que les voitures sont plus vieilles ou parce que les charrettes tirées par les chevaux et les bicyclettes sont encore très présentes…

Trancontinentale sous le soleil

Des anecdotes ?

Par exemple, ce que tous les coursiers à vélo, je pense, vivent chaque été ! Quand on récupère ou livre un paquet, on nous lance régulièrement : «Vous êtes à vélo ! Holà la, vous êtes aussi fort que sur le Tour de France». Nous, on aimerait bien leur renvoyer la balle… et leur faire soupeser nos sacs remplis de – plusieurs kilos – de paperasserie et objets fragiles… Tout ça, avec le sourire !
Sinon en course, ce qui m’agace le plus, ce sont les gens qui abandonnent leurs animaux. Malheureusement j’en croise chaque année et je ne peux pas toujours faire quelque chose pour ces pauvres bêtes. Comment transporter un gros chien sur un vélo ?

De jolis moments ?

L’un de mes plus beaux souvenirs, c’est d’avoir pu rouler de nuit, avec la voix lactée au-dessus de moi, loin de toute agitation.

Ton regard sur le comportement des autres ?

Je passe le plus clair de mon temps à sillonner les rues de Paris. Et même si je croise de plus en plus de conducteurs acceptant de partager la route avec les vélos, la gué-guerre automobiliste/cycliste fait toujours rage.

Et la fatigue ?

J’ai régulièrement poussé mon corps au-delà de ce que je pouvais concernant la fatigue… Ce sont des expériences que je ne souhaite plus renouveler. Et si je peux donner quelques conseils…

  • Prévoyez à l’avance quand vous souhaitez vous arrêter pour dormir la nuit. Et si vous sentez que vous êtes fatigué plus tôt que prévu, n’hésitez pas à vous arrêter et changer vos plans.
  • Si vous prévoyez de rouler toute la journée, je vous recommande de faire des repas plus légers et plus fréquents. Évitez le gros repas de midi qui pompe toute l’énergie, au risque de vous endormir. Profitez des pauses régulières que l’on fait à vélo pour remplir vos bidons, pour manger un petit sandwich ou faire une petite sieste de 20 minutes.
  • N’attendez pas qu’il soit trop tard, même si vous vous sentez en forme après une nuit blanche à rouler à la belle étoile, aussi magnifique que cela puisse l’être.

(*) Le vélo gravel (ou gravier) est un mélange de VTT, VTC, à usage « sport » et « loisir ». Il passe facilement sur tous types de voies.

Article publié le 12 octobre 2019